Quand alimentation, Tik-Tok, Sciences Po et entreprises à impact racontent la même histoire.
Bonjour et bienvenue dans cette nouvelle de « Graine qui peut » !
Je vais vous faire une confidence, mes sujets de chroniques me viennent lorsque je suis en cuisine. Alors que certains rêvent d’être greffés d’une puce dans le cerveau, moi je constate, que dotée d’une planche et d’un économe, je suis beaucoup plus prolixe en matière de pensées. Chacun sa manière de considérer l’Homme augmenté... Mais voilà, je vous devais la confidence, parce que cette chronique a tout à voir avec la cuisine et l’alimentation et où en même temps je vous parle d’école, d’Australie, de Tik-Tok, et d’autres choses encore. Un drôle de mélange qui a le goût de l’autrement et du bon, je vous le promets.
À Sciences Po Lille, il y a un cursus qui m’a interpellée et dont j’ai absolument envie de vous parler, il s’appelle Boire, Manger, Vivre (cela ne vous rappelle pas un film ?). Concrètement cette majeure aborde les grandes questions sociétales (environnement, relations internationales, politiques agricoles) à travers le prisme de l’alimentation. Je vous partage les mots de son directeur, pour que vous saisissiez tout de suite la dimension et l’intérêt de ce parcours : « L’alimentation devrait être une médecine préventive pour l’individu et pour la planète. » Je suis allée regarder de près, je leur ai même consacré un article sur Sésame, c’est passionnant. Et la cerise sur le gâteau selon moi, c’est qu’elle fait partie de ces formations qui sont loin d’être obsolètes face à l’IA.
Elle s’appelle : Free Fruit for Kids et elle est très simple : proposer à tous les enfants de se servir librement d’un fruit pendant que leurs parents font leurs courses. Une pomme, une banane, une orange. Rien de plus. Mais ce petit geste amené par l’enseigne Woolworth en Australie porte un message fort : éduquer les habitudes alimentaires dès le plus jeune âge, sans discours, juste par l’expérience. Et quitte à être le produit quand c’est gratuit, autant que ce soit bon pour la santé. À quand la même chose dans nos supermarchés français ?
Meet My Mama. Leur histoire est aussi belle, qu’utile. Trois jeunes, le même regard sur ces femmes qui cuisinent divinement avec un savoir-faire qui vient des quatre coins du monde mais invisibilisées. Fondée en 2017, cette entreprise est bien plus qu’un service traiteur. Elle est un révélateur de talents culinaires féminins ! Mais c’est aussi une structure qui atteint 11 points sur 17 en développement durable. Bref, si vous manquiez d’idées pour le cocktail de votre prochain lancement de produit, votre vernissage ou le pot de départ de Sylvain et que vous aimez lier, l’impact, le goût et l’originalité : ne cherchez plus.
Je ne sais pas vous, mais moi quand je dois choisir des produits dans un hypermarché, je regrette amèrement de ne pas avoir suivi d’études d’ingénieur agronome ou ce parcours Boire, Manger, Vivre (mais pour ma défense, il n’existait pas lorsque j’ai commencé mes études). Mais, mais, mais, notre smartphone étant notre couteau-suisse digital, nous pouvons désormais télécharger cette application : mylabel. En plus de vous informer sur la nature de ce que vous achetez, elle construit aussi sa note en fonction de vos priorités (pesticides, additifs, bien-être animal, juste rémunération des agriculteurs). Il est à noter que la récolte de leurs données se fait au travers d’ONG et associations de consommateurs. My Label, je dirais, c’est un peu comme un personnal-shopper eco-friendly de l’alimentation.
La sardine en boîte est une star des réseaux. # millions ! Et j’ai envie d’écrire : enfin ! Ce petit poisson est une mine de nutriments (oméga-3, protéines, vitamine D) à un prix très abordable (donc aussi une réponse économique et saine face à l’inflation). Je soulignerai néanmoins qu’il est toujours préférable de choisir une sardine qui vient des côtes françaises, ou encore du Portugal, pêchée à la senne ou à la bolinche, car ce sont des méthodes respectueuses du poisson et de l’environnement.
Qui l’eut cru (l’histoire pas le chou) ? Robert F. Kennedy Jr., ministre de la Santé américain, a déclaré publiquement manger de la choucroute chaque matin, Tupperware dans le sac inclus (si, si). Résultat : les recherches Google explosent, TikTok (encore) s’enflamme, et des producteurs alsaciens reçoivent des appels de grossistes américains souhaitant importer le précieux chou fermenté au conteneur (ça doit faire beaucoup de choux). La choucroute, riche en probiotiques naturels, (j’en profite pour vous communiquer les atouts de cette préparation millénaire et un peu de son histoire dans ce lien) s’impose soudainement comme le « superaliment » du moment outre-Atlantique. On appelle ça la gastrodiplomatie (à ne pas confondre avec la gastroplastie) involontaire. La gastrodiplomatie volontaire, elle, est enseignée à Science Po, cocorico ! Je vous le rappelle.
« À chaque fois que nous mangeons, nous choisissons le monde dans lequel nous vivons. »
C’est avec ces mots du chef Mauro Collagreco que j’ai envie de conclure. Une courte phrase qui dit beaucoup, voir tout. Mais pour choisir, il faut connaître, avoir entendu..., savoir que ..., découvrir. J’espère sincèrement que cette chronique vous aura offert à voir ce que nous mangeons à travers le prisme de la pluralité et surtout que nous avons de multiples moyens de rester libres de ce que nous souhaitons manger.
Avant de vous laisser, je vous partage trois choses qui m’ont fait du bien ces dernières semaines, en l’occurrence, deux films et une lecture :
La fine fleur : C’est beau, doux, rythmé, émouvant. Si vous aimez Catherine Frot, les beaux décors, les roses, les belles histoires d’humanité, ce film est pour vous.
Buen camino : j’ai ri ! de bon cœur et tout du long. Tous les acteurs sont bons. Entendre parler italien dans le paysage du chemin qui mène à Compostelle, c’est un double voyage. Très beau et drôle !
La Chronasse : je me régale de son écriture à chaque fois. Esprit, humour, honnêteté, prise de recul. Pour moi Mathilde de Cessole est à la chronique ce que Florence Foresti est au stand-up.
Merci de m’avoir lue jusqu’ici. N’hésitez pas à partager cette chronique au gré du vent de vos envies, parce qu’avant de germer…les graines ont besoin d’être essemées.
Je consacre une grande partie de mon temps à nourrir mon site Sésame, pour rassembler en un lieu les initiatives inspirantes sur les sujets de : l’économie, l’agriculture, l’éducation, la santé et le collectif. 5 thèmes, 1 optique : faire des ponts et offrir à voir, que ce monde durable et prospère dont nous rêvons et déjà en construction.