Voix poétique pour réenchanter le monde
Bonjour et bienvenue dans cette nouvelle de « Graine qui peut ».
Les mots guérissent les maux, alors servez-vous une menthe à l’eau pendant que ce texte vous remet le mental haut.
Les mots ont un sens et pour les amoureux de la langue française ils en ont même plusieurs. Des sens cachés, profonds, secrets pour certains, qui offrent à voir ce que l’on nomme sous un autre jour, une autre réalité.
Je suis persuadée que vous ne considèrerez plus la menthe à l’eau de la même façon à partir de cette lecture puisque je vous ai montré l’autre forme qui l’habite : un mental haut.
Cette gymnastique linguistique se nomme « langue des oiseaux ».
Pourquoi, depuis quand ? J’ai cherché, je n’ai pas trouvé, enfin, j’ai récolté beaucoup d’informations, diverses, variées, parfois farfelues mais rien de fiable à mon goût donc je ne m’étendrai pas dans de multiples hypothétiques explications mais je vous partage le dénominateur commun à toute mes recherches : la langue des oiseaux relève d’un aspect enchanteur.
L’actualité étant encore plus lourde que le plomb, j’avais vraiment envie pour cette chronique d’un sujet léger et en même temps nourrissant. Un bouillon mais façon chronique.... Un bouillon de culture. Comme mon exercice favori est de témoigner des possibles qui créent un monde durable alors que tout tend à démontrer que nous allons dans l’autre sens, j’offre à voir sous un autre angle dans mes articles sur sésame. Alors, quoi de plus naturel finalement que d’écrire cette chronique pour parler de la langue des oiseaux ? Cette langue qui n’en est pas une, à laquelle tout le monde à accès et qui est à la pensée francophone ce que le tiroir est à la commode : indissociable.
Selon moi, tout le monde connaît au moins deux mots de la langue des oiseaux :
Maladie = mal a dit
Genou = je / nous
D’ailleurs je suis très souvent amusée lorsque j’entends des personnes citer ces exemples précédés de : « Ben oui ! … », comme si cela coulait de source désormais mais qui n’ont que ces deux exemples à citer. Il y en a beaucoup d’autres, je vais vous en partager ici quelques-uns mais avant je tiens à vous délivrer un bref tableau des environnements où ce langage est un outil.
1/ Les alchimistes modernes.
La langue des oiseaux a grandement permis d’ouvrir la porte à la vulgarisation de leurs travaux et de leur quête. Le plus connu des alchimistes moderne étant Patrick Burensteinas. Lorsqu’ils l’utilisent c’est avant tout pour accompagner à une transformation intérieure, un éveil. L’axe majeure étant que le verbe est créateur.
2/ Les francs-maçons.
Eux s’en servent comme d’un langage codé, d’une symbolique à l’initiation. La langue des oiseaux est à la franc-maçonnerie ce que l’habit folklorique est à une région : typique.
3/ Les artistes.
Actuellement on les trouve essentiellement sur les réseaux sociaux. Depuis quelques années de très nombreux comptes fleurissent et essaiment cette langue pour faire pousser des sourires pour ceux qui les suivent. Stimulation créative, inspiration pour envoyer des messages à ceux que l’on aime, tirer son épingle du jeu des expressions à la mode, c’est aussi cela la french touch.
Illustration des Toqué Frères dans Flow Magazine
4/ Les psychanalystes des écoles Jungienne et Lacanienne.
La langue des oiseaux donnerait accès à l’inconscient via ses jeux de mots. Lacan et Jung sont les deux seuls à s’appuyer sur cette interprétation et qui, pour être honnête, est très peu utilisée actuellement par les psychanalystes mais il me semblait important de le souligner tout de même. Cette approche a de commun avec l’alchimie moderne la volonté de donner l’accès à une meilleure connaissance de soi.
Maintenant que nous avons exploré les différents univers, je vais vous partager différents exemples avec leur axe de compréhension pour vous inspirer.
La magie / L’âme agit : comprenez que vous avez beaucoup de pouvoirs.
Passage / Pas sage : toute entreprise, construction qui relie, est un acte de sagesse.
Soigner / Soi nier : poser systématiquement des pansements sur nos douleurs sans jamais en chercher la cause.
Guérir / Gai rire : joindre la vie, l’élan, la joie au processus de notre rétablissement. Pour ce jeu de mots, il me semble important de souligner cette coïncidence : des études scientifiques démontrent les bienfaits constatés du rire, comme « La dilatation de la rate, liée aux éclats de rire, qui permet de renforcer le système immunitaire et l’organisme »
Tumeur / Tu meurs : une explication qui justifierais que ce terme nous fasse si peur.
Apprentissage / Apprenti sage : apprendre est toujours un acte de sagesse.
Univers / Uni vers : tout est lié.
La mort / L’âme hors : un passage vers l’éternité.
Commun / Comme un : ce qui nous rassemble, nous ressemble.
Salopard / Sale eau part : ne plus jamais prendre sa douche de la même façon et oser les gros mots pour se laver des choses qui nous ont blessées.
Ange / En je : c’est beau il n’y a rien à ajouter.
Inconscient / Un conscient : vous en parlerez à votre psychanalyste :) .
Songe / Son je : la voix de l’être qui chante à travers le rêve.
Union / Uni on : tous liés.
Le nom du père / Le non dupe erre : « LA » référence à Lacan. Ceux qui refusent le nom du père errent sans repère.
J’ai été très heureuse de rédiger cette chronique, j’espère qu’elle vous aura apporté un peu de poésie et d’enchantement.